Catherine Proulx-Lemay, porte-parole de La rue des Femmes
On ne les voit pas – je ne les vois pas. Je sais, pourtant, qu’il y a des femmes en état d’itinérance qui empruntent les mêmes rues de Montréal que moi. Et qu’elles sont nombreuses. Je le sais, parce que je connais La rue des Femmes.
À chacune de mes visites à la Maison Olga, à la Maison Jacqueline, plusieurs viennent me saluer. Elles me sourient, me disent « merci de ce que vous faites pour nous ». Elles savent que je suis la porte parole de La rue des Femmes… LEUR porte-parole. Et je ne l’oublie pas.
C’est un très grand rôle!
Celui qui donne à mon métier d’actrice sa plus noble valeur, celui qui donne un supplément d’humanité à ma vie de femme, tout simplement. Je connais leur détresse, leur fragilité. J’ai vu l’espoir aussi. Qui brille dans leurs yeux, parce que La rue des Femmes est leur porte ouverte sur la guérison, sur le retour à la vie normale. Alors, quand les projecteurs pointent vers moi et que c’est le moment, pour moi, de parler d’elles, je n’ai qu’un désir : que toute cette lumière permette à ces femmes cachées de sortir de l’ombre. Oui, c’est un très grand rôle.
Et je remercie La rue des Femmes, du plus profond de mon cœur, de me l’avoir confié.