Témoignage de C. sur son accompagnement par La rue des Femmes

Témoignage de C. sur son accompagnement par La rue des Femmes



Le premier contact de C. avec La rue des Femmes eut lieu en septembre 2004. Après une période dans la rue, elle a été accueillie au Pavillon Patricia Mackenzie et c’est là qu’une femme lui a parlé de La rue des Femmes. C. garde en tête des souvenirs très précis de sa première journée tel que le sourire de Rhada, la réceptionniste, la bonne odeur qui émanait de la cuisine, l’âme d’une maison pour C., l’accueil chaleureux de Louise-Josée, une intervenante, l’écoute attentive de Suzanne, la responsable de l’intervention « qui ne coupe jamais la parole », et le numéro de la chambre qui lui a été attribué le premier jour, la « 311 ». C. note que ces trois personnes sont toujours en poste à La rue des Femmes et contribuent à en faire un lieu vivant et aimant. Elle se rappelle aussi sa fierté de recevoir les clefs de sa chambre et son plaisir de constater qu’elle était dotée d’une salle de bains. Depuis bien longtemps, elle n’avait plus vécu dans un espace intime et personnel.

Très vite C. participe aux activités et aux suivis proposés : atelier d’art, de couture, suivis hebdomadaires avec les intervenantes. Et elle s’engage dans un bénévolat pour aider la friperie de La rue des Femmes.

C. ne garde que de bons souvenirs de son premier passage à La rue des Femmes (10 mois) : « j’ai vécu l’abondance à La rue des Femmes ». Après son premier séjour, elle continua de garder le contact avec l’équipe. Ce qu’à l’époque elle appréciait déjà, c’est le respect du chemin et du rythme de chacune, constatant que la colère était accueillie autant que le retrait ou l’errance.

C. continue d’égrener ses souvenirs : les temps des fêtes, des anniversaires, son absence d’inquiétude quand elle a quitté. Elle se rappelle un moment marquant de sa prise de conscience sur son « problème », suite à une invasion de domicile vécue après ce premier séjour. Et pour elle, à partir du moment où elle a réussi à cerner le problème dont elle était prisonnière, elle a pu entreprendre une démarche avec une intervenante, ce qui l’a amenée à bénéficier  d’un autre service de l’organisme, un séjour de 2 ans dans un des studios de la maison Dahlia. Là, elle a retrouvé sens à sa vie en poursuivant parallèlement une thérapie de groupe et individuelle dans un C.a.l.a.c. (centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel). En redonnant un autre sens à son histoire, C. constate qu’elle a cessé de faire l’autruche, de nomadiser d’une maison d’hébergement à l’autre, de vivre au jour le jour. Elle a réussi à développer une appartenance et un ancrage solide dans sa vie. Elle a retrouvé le goût de créer dans le vivant, l’engagement et le plaisir.

Nous remercions C. d’avoir accepté de partager son témoignage. Elle voulait le faire pour « rendre un peu de ce qu’elle a reçu, l’amour inconditionnel ».